Les composantes de la Mosquée

1/ LE MIHRAB :

La demi-coupole du Mihrab est ornée de cannelures qui rayonnent de la cimaise de la grande mosquée de Constantine. Ce type de demi-coupole se rencontre également à Monastir à la mosquée Al –Dazz.

Les différences entre ces demi-coupoles portent sur l’arc dans lequel s’incurvent les cannelures, la forme et le nombre de ces dernières et le motif central d’où elles rayonnent. A Bejaïa, l’arc d’ouverture est un arc en plein cintre outrepassé. A Constantine, c’est un arc brisé à lobes inégaux superposés et entrelacés mais il est festonné au fâmi’al khâççakî à lobes triangulaires, et à lobes semi-circulaires au Mihrab de la mosquée al-dazz à Monastir. A la grande mosquée de Constantine, la voussure est comprise entre l’arc d’ouverture et un arc brisé. Elle est large de 13 cm, orné d’inscriptions en caractères coufiques tandis que les écoinçons au nombre de deux sont ornés d’un décor floral et la bordure rectangulaire sont ornée d’inscriptions en caractères coufiques.

2/LE MINBAR ET LA MAQSURA :

Du temps du Prophète saw, le minbar servait de trône au chef de la communauté, puis il devint chaire à degrés monumentale d’où le prédicateur fait le sermon du vendredi.

Autre détail typique du mobilier de mosquée, la maqsura, d’abord paravent placé autour du mihrab pour protéger les chefs des attentats éventuels, devint enceinte composée d’un bâti, d’un couronnement et d’un  moucharabieh en bois sculpté et tourné, réservé à la prière du souverain pour le séparer des simples croyants.

3/LA COUR :

La basilique transformée, flanquée d’une cour fermée à arcades, avait la forme de la mosquée de Médine. Dans des exemples ultérieurs, des ailes plus longues furent ajoutées à l’extrémité de la cour (mosquée de Cordoue, VIII-X siècle ). Toute ressemblance avec l’église, dont le point focal est à l’extrémité la plus courte, disparut. Ces ajouts s’expliquent par la croissance de la population, mais l’agrandissement est lié à une constante de l’art islamique, la répétition sans fin d’un même motif.

4 /LE MINARET :

A Médine, l’appel à la prière était du haut d’un toit. Les juifs utilisaient le shofar (corne de bélier), et les premiers chrétiens une claquette de bois. La tradition syrienne de marquer de quatre tours les angles des édifices pourrait être à son origine. Située à l’angle de la cour, ou isolée comme à Samara, la tour sert depuis la mort du prophète pour l’appel de la prière. La mosquée des Omeyades ou grande mosquée de Damas (705-715), construite autours d’une ancienne basilique, est l’exemple le mieux préservé d’une mosquée primitive. Un dôme plus précieux, à l’intérieur de la salle de prière, indique des quatre  mihrabs du mur de la qibla.

Les architectes hammâdides se seraient inspirés de l’Egypte fâtimide pour construire des minarets, cela n’est pas impossible puisque leur décor a bien des points communs avec celui des mosquées du Caire de cette période. A Constantine, le minaret de la grande mosquée a un plan carré qui comporte :

·        Deux étages dont le second est en faible retrait par rapport au premier.

·        Une plate-forme entourée d’un balcon ajouré.

·        Un lanternon cylindrique qui se termine par un bulbe

Quatre vingt marches conduisent à la plate-forme supérieure. A 30 cm de l’arrivée, se dresse un minaret de structure tout à fait particulière rappelant l’époque hammâdide

Le minaret hammâdide comme  l’almohade (minaret de la grande mosquée de Tlemcen) est parallélipipédique alors que ceux de Kairouan et de Sfax sont de forme de pyramide. A Tadj Mahel, les quatre minarets effilé situés aux quatre coins de la terrasse grecque encadrant l’élégant bâtiment central. Ils constituent une nouveauté dans l’architecture islamique.

5 /LE DÔME :

Caractéristique de l’architecture islamique, il provient des traditions sassanides et chrétiennes. Le dôme du Rocher (fin VII siècle ), à Jérusalem, est l’un des plus anciens et des plus grands. Il indique l’endroit où Mahomet fit de nuit le voyage céleste (Mi’raj). Il surmonte un haut tambour entouré à la base de deux déambulatoires. Ce plan s’inspire peut être de l’église Saint-Sépulcre (IV siècle) à Jérusalem et ne correspond pas au plan de base de la mosquée. Il est doré et le reste de l’édifice est recouvert, à l’extérieur et à l’intérieur, d’une mosaïque de tuiles colorées.

L’influence turc grandit avec l’essor de l’Islam. Le mausolée du souverain de Boukhara (début du X siècle ) est d’un grand intérêt architectural. Edifice carré en brique, sa coupole est posée sur des trompes (petits arcs coupant les angles du carré) et non plus sur des pendentifs (triangles concaves voûtés) byzantin.

Les trompes sont d’origine sassanide. Plus faciles à réaliser, elles dynamisèrent la construction.

Les mosquées ottomanes reflétaient l’héritage byzantin. Celle de Sélim II (1569-1574), conçu par l’architecte turc Sinan à Edirne, possède une coupole précédée d’une cour à arcades et entourée de dômes. Cette disposition rappelle Saint-Sophie d’Istanbul, bel exemple byzantin transformé en mosquée. Cependant, elle a plus de fenêtres, donc plus de lumière. Cette forme, utilisée pour Soliman le magnifique influença la conception des mosquées en Turquie, en Syrie, en Egypte, en Arabie et en Afrique du nord.   

6/LA COPOLE :

La coupole est la partie centralisée du plafond ornementée de minuscules mosaïque de plusieurs couleurs .

La coupole du dôme du Rocher à un diamètre de 20,4 mètres et se compose de deux coques liées ensemble par une cavité. La coque extérieure est recouverte de plaques d’aluminium dorées, la coque intérieure est ornée d’une fine mosaïque d’or et de verre.

7/L’IWAN :

L’iwan ; salle voûtée en berceau, fermée sur trois côtés et s’ouvrant sur le quatrième par un arc.

Son origine se situe dans Khorasan(province de l’Est de l’Iran). Les premières mosquées d’Iran étaient à Kiosques(coupoles héritées des sassanides). l’apparition de l’iwan unique contribua à l’édification des petites mosquées, comme celle de Bamiyan en 1221, cette mosquée à iwan unique prend de l’importance par une augmentation en profondeur.

Ensuite un deuxième iwan apparaît positionné dans le même axe que le premier mais de l’autre côté de la cour(mosquée de Formad).

Ainsi l’Iran à l’époque seldjoukide, qui ne désirait plus construire de mosquées sur le plan arabe, avait tous les éléments pour réaliser la mosquée à quatre iwans(deux ajoutées dans l’axe transversal). L’une des premières réalisées est celle de Zawareh en 1136.

(La mosquée du vendredi)à Ardestân en Iran central comporte un plan de mosquée à quatre iwans. Au début du XII siècle, quatre iwans flanqués d’une double rangée d’ouverture plus petite furent ajoutés autour de la cour, donnant à la mosquée d’Isphan sa forme définitive à quatre iwans, tandis que le Tâj Mahl est entièrement recouvert d’Iwans qui font la beauté somptueuse de ce palais.

8/LES GALERIES PORTIQUES :

Les galeries sont des éléments importants qui font partie intégrante des mosquées, des médersas et même des mausolées. Elles sont utilisées pour ceinturer les cours sur un ou plusieurs tracées.

En plus de l’élément décoratif qu’elles apportent, elles servent de protection contre les intempéries et le soleil.

9/LES PILIERS :

Les piliers sont les organes de support, ils contribuent également à la décorations intérieure.

Nous trouvons dans les mosquées almoravides plusieurs sorte de pilier ; les piliers rectangulaires, à Alger leur section est plus grande et les rectangles plus parfaits que ceux de Tlemcen, à Nedroma ils sont presque carré, les piliers en T se retrouvent dans la Grandemosquée de Tlemcen et les piliers uniformes se retrouvent à Sayyidî Ibrahim et à la Grandemosquée de Tlemcen.

10/LES COLONNES :

Les colonnes se composent de fut souvent en marbre, les bases et les chapiteaux, ils sont disposés parallèlement au mur de la qibla dans la majorité des mosquées. Les arcades des portiques extérieurs ainsi que les voûtes intérieures sont soutenues par des colonnes. Les chapiteaux qui font partie de l’architecture islamique sont de matières différentes, la pierre, surtout le marbre, le stuc ciselé et le bois sculpté parfois peint.

11/LES CHAPITEAUX :

Les arcades des portiques extérieurs ainsi que les voûtes intérieurs sont soutenue par des colonnes, leurs socles et des chapiteaux. Les chapiteaux qui font parte de l’architecture islamique de matières différentes, la pierre surtout le marbre, le stuc ciselé et le bois sculpté parfois peint.

12/LES ARCS :

Il y’a diverse formes d’arcs, des arcs brisés et lobés. Tlemcen on retrouve les arcs brisés qui sont ornés d’une double frise de palmes. On retrouve également dans différentes mosquées du monde musulman les arcs recticurvilignes, les arcs à lobes trèfles, les arcs à lambrequins, les arcs festonnés les arcs superposés et les arcs entrelacés.

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